Le sourire à domicile

Le sourire à domicile

Myriam Pinquet, assistante de vie au Pays Basque et Sud des Landes.

Pouvez vous vous présenter ?

Bonjour, je suis Myriam Pinquet. Je vis au Pays Basque depuis vingt bonnes années, je suis maman d’un petit garçon et je travaille en tant qu’assistante de vie sur le pays basque et les landes.

En quoi consiste votre activité ?

Le but de l’assistante de vie, c’est d’accompagner une personne en situation d’handicap au quotidien. Je vais vous parler du basique pour l’instant, parce qu’en plus d’être assistante de vie, j’adapte un programme bien-être aux personnes que j’accompagne au quotidien. Puisque les besoins vitaux ne se résument pas qu’à manger, boire et dormir, mais c’est aussi être heureux et pour être heureux, c’est avoir une activité ludique qui peut aller de la balade aux jeux, à la découverte, c’est très vaste, mais c’est aussi très important pour exister et être humain.

Aujourd’hui, j’accompagne une personne dans le lever, le coucher, la préparation de repas, la toilette, l’aide au repas… dans les choses basiques. Puis on va cibler comment cette personne vit, son domaine d’activités, ce qu’elle faisait avant, ce qu’elle fait maintenant, et donc, c’est aussi l’accompagner dans les choses du quotidien comme aller faire ses courses, aller au cinéma, le déplacement vers l’extérieur, pour faire en sorte que cette personne soit toujours sociabilisée, soit en contact avec l’extérieur, avec les autres… Parce qu’on vit un handicap, ce qu’il se passe bien souvent, c’est qu’on reste à l’intérieur, et c’est pour cela que l’assistante de vie fait bien souvent des actions à l’intérieur, mais malgré son handicap quelqu’il soit, on peut toujours aller vers l’extérieur, et le rôle de l’assistante de vie, c’est aussi d’accompagner ces personnes là, vers l’extérieur.

C’est aussi trouver les moyens pour aller vers l’extérieur, parce que selon l’handicap, les moyens sont beaucoup plus compliqués, ou de faire venir à l’intérieur, chez la personne, des activités qui vont lui permettre d’exister et d’avoir envie d’être là, avec les autres et de partager. Ça peut être faire venir une coiffeuse à domicile, c’est trouver des prestataires de services qui vont permettre à cette personne de mieux vivre le quotidien.

Sous quel statut exercez-vous votre activité ? 

Aujourd’hui, je suis auto-entrepreneur, mais je travaille aussi beaucoup avec les CESU, les Chèques Emplois Services Universels qui sont souvent adoptés par les particuliers, parce que reconnus par l’Etat, cela permet à ces personnes d’avoir soit un crédit d’impôt soit une réduction d’impôt selon les revenus que gagne le foyer.

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Pourquoi vous être installée ici, au pays basque ?

Déjà parce que j’aime le Pays Basque, ses valeurs. Pour moi, l’accompagnement de personnes en difficultés, il faut avoir une envie et un amour de l’être humain que j’ai, et le Pays Basque, c’est une région de cœur, et cela se rapproche de mon métier de cœur. Je vais aussi souvent dans les Landes.

Existe t il un label ou un agrément pour vous différencier dans votre activité ? 

Il y a un agrément de services à la personne, avec un retour des prestations effectuées à effectuer régulierement.

Parmi les critères liés aux Engagements sociaux et solidaires et les critères liés aux Engagements environnementaux de notre association Lekuko, dans lequel ou lesquels vous retrouvez vous le plus ?

Je me retrouve dans le social, pour sociabiliser la personne accompagnée, avec toujours cet objectif que la personne ne soit jamais dé-sociabilisée. Elle sera amenée toujours à aller vers l’extérieur ou à amener l’extérieur pour que cette personne reste dans le côté social et qu’elle puisse s’épanouir avec les autres. Ça c’est le rôle premier, c’est certain. De toutes façons, on est humain qu’en étant sociable.

Dans l’handicap, parce que pour moi, on a tous plus ou moins un handicap, et moi je travaille pour montrer aux personnes qu’on peut vivre bien avec un handicap, il suffit d’être bien accompagné, avec un regard différent. C’est facile à dire parce qu’il y a quand même des variations dans l’handicap, avec des handicaps bien plus lourds que d’autres, mais malgré tout, et pour le vivre, même avec un handicap très lourd, on peut arriver à trouver une raison d’être là. Et c’est justement à nous, autant dans le basique, c’est à dire en se levant le matin avec un esprit de bonne humeur, le lever de la personne, le petit déjeuner de la personne, manger, tout ça, c’est des plaisirs de la vie, mais il faut faire vivre ce plaisir, et l’assistante de vie est là. J’aime beaucoup le mot assistante de vie parce que c’est vraiment le mot vie, pour faire en sorte que la personne vive au mieux.

Quel est la rencontre qui vous a marqué le plus pendant vos accompagnements ? Pouvez-vous nous en parler?

Chaque expérience me marque beaucoup, je vais avoir du mal à en sortir une, parce qu’en fait, je suis tellement motivée que quoiqu’il arrive, dans les personnes que j’accompagne, elles vont toutes me marquer. Parce qu’on s’attache vraiment au bien être de la personne, toutes elles vont avoir quelque chose de particulier. De toutes façons, on est tous unique. Et dans l’handicap, c’est pareil. Je n’ai pas envie d’en dire une plus que les autres. Toutes les personnes me marquent toutes, dans leurs pathologies, dans leurs forces de continuer à vivre ces handicaps, avec des hauts et des bas. Et mêmes, les expériences qui me paraissaient insignifiantes au début, aujourd’hui, elles me paraissent uniques, plus on met du cœur dans ce que l’on fait, plus on se rend compte de beaucoup de choses…

Quels conseils pratiques donneriez-vous à celles et ceux qui voudraient se lancer comme vous dans une activité de services à la personne comme la vôtre ?

Pour se lancer, il faut être tourné vers l’humain. On ne peut pas accompagner quelqu’un si on a pas de l’humanité, c’est un grand mot, mais je pense que dans tous ces métiers là, il faut avoir de l’empathie quand on ne connaît pas, et qu’on a pas vécu quelque chose, mais c’est essayer de se dire « qu’est ce que je ferai si j’étais dans cette situation ? » et à la fois « qu’est ce que je peux faire pour que la situation soit mieux vécue ? ». Déjà, il faut être très humain, dynamique, même s’il y a plusieurs formes de dynamisme, et être à l’écoute des personnes que vous accompagnez.

Par rapport à la Prévention, vous vouliez rajouter quelque chose ?

C’est un métier, en fait, qui est tourné vraiment vers la prévention. Par exemple, si on prend le cas de la toilette, dans mon cas, je fais une toilette que j’appelle préventive, c’est à dire que je vais regarder si elle n’a pas quelque chose qui vient d’apparaître qui n’était pas là, il y a quelques jours, et s’il y a cette chose là, essayer de savoir pourquoi… On peut prévenir des escarres, des mycoses, plein de choses au niveau des oreilles, des yeux… Si on fait vraiment une toilette correcte à une personne qui peut être en situation de handicap parce qu’elle est âgée, on peut lui éviter beaucoup de problèmes et d’arriver au soin, où on en rentre dans une période de soins qui peut être très longue… Je pense que l’assistante de vie peut être vraiment dans la prévention. Et dans les repas, une personne avec une pathologie va avoir une alimentation ciblée, et ça c’est le rôle de l’assistante de vie, de cibler l’alimentation, pareil pour le sommeil… L’assistante de vie est tournée vers la prévention, regarder l’autre, et dès qu’il y a un changement, vite les signaler à la personne référente, l’infirmière, l’aide soignante, le médecin…

Pourquoi communiquer sur un WEB MAGAZINE sur l’économie locale et Durable, vous paraît important ? Qu’est-ce que ça vous apporte ?

Le fait déjà de parler du métier d’assistante de vie, qui est méconnu, pas souvent utilisé à bon escient, si ça pouvait faire en sorte que les gens soient mieux accompagnés et évite de rentrer dans des structures trop vites, parce qu’elles sont arrivées au bout des choses… Je suis aussi pour que les personnes restent à domicile. On est au Pays Basque, et avant au Pays Basque, les familles restaient avec la grand mère, … sauf qu’aujourd’hui avec le mode de vie qu’on a, le travail, les enfants qui partent, ces personnes là, se retrouvent très vite dans les structures, qu’elles soient âgées, handicapées ou autres, il y a aussi les personnes en situation d’handicap autre le fait que d’être âgée qui d’ailleurs n’est pas un handicap, être âgé, c’est juste la finalité de la vie, c’est comme ça.

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Cela pourrait être utile pour que les gens prennent conscience que l’assistante de vie a vraiment un rôle avec la famille, parce que l’assistante de vie est là aussi pour discuter avec la famille, pour trouver des solutions, pour alléger la famille. Parce que souvent la famille se retrouve dans le rôle d’aidant, hors la famille n’a pas à avoir ce rôle là. Un enfant reste un enfant, une maman reste une maman, on ne doit pas prendre le rôle de l’aidant. Bien souvent, l’assistante de vie permet d’être l’aidant et de faire le lien avec la famille.

Aujourd’hui, je ne prends aucune décision s’il n’y a pas la famille et la personne accompagnée.

L’intérêt d’être sur un site comme le vôtre, c’est de pouvoir parler de mon métier.

Avez vous quelque chose à demander ou à proposer à nos lecteurs ? Ils auront vos coordonnés sur cette page pour entrer en contact directement.

Le message que j’aurai à passer, c’est, si un jour, vous vous retrouvez dans une situation que vous ne maîtrisez pas, parce qu’une personne proche ou contracte une maladie qui l’handicape, vers qui vous vous tourneriez et pourquoi ? Est-ce que le côté proximité, le fait de ne pas aller vers les structures avec une meilleure visibilité, presque le marketing, que n’a pas une personne qui est plus dans l’individuel, ne vous paraît pas une bonne option à étudier.

Je vous remercie de m’avoir interviewé et je suis joignable via mon site : le-sourire-a-domicile.com