Le Festin Nu

Le Festin Nu

Nicolas et Caroline Dupèbe, libraires à Biarritz.

Bonjour Nicolas, pourrais-tu nous parler de toi ?

Je m’appelle Nicolas Dupèbe, j’ai créé la librairie ‘Le Festin Nu‘ avec ma femme Caroline Dupèbe en Juillet 2009 en centre ville à Biarritz, au dessus du cinéma. On était tous les deux employés au bookstore et on a voulu tenter l’aventure car on est avant tout des passionnés.

A l’origine, nous avions la volonté de créer des librairies café, seulement c’est compliqué d’avoir un emplacement sur Biarritz. Nous avons choisi de nous faire connaître d’abord, de nous créer une clientèle, de développer ce en quoi on croit. L’opportunité de déménager est arrivée cet hiver pendant les fêtes de Noël.

Qu'est ce qui t'a amené à faire ce métier

Je suis devenu un lecteur tardif. J’ai commencé à lire “Ailleurs” de Michaux qui m’a donné le goût de la lecture. A partir de là, je ne me suis plus jamais arrêté. Je me suis fait ma culture livresque seul, ce qui m’a amené au désir de vivre de ma passion. Pour moi, libraire est le métier idéal.

J’ai repris des études tardivement en faisant un DEUST Métiers du Livre, c’est une formation qui me permettait de faire des stages. J’ai atterri grâce à ces stages au Bookstore de Biarritz où j’y suis resté 7 ans. Puis j’ai créé “le Festin Nu” et j’y travaille depuis 7 ans.

Qu'est ce que "le Festin Nu" ?

A l’origine, c’est un livre de Willian Burroughs (1960) censuré aux Etats-Unis pendant longtemps. C’est un livre qui a marqué la littérature. C’est un ouvrage expérimental. On a pris ce nom pour marquer une identité. C’est un de mes livres préférés ; il a une approche alternative, radicale de ce que l’on peut voir ailleurs. C’est un tout ; ce n’est pas évident de choisir le nom de son commerce.

Existe t'il un label ou un agrément pour la profession ?

Au niveau national, il existe le label ‘librairie indépendante’ attribué par l’état. On a jamais fait la demande car se faire labéliser par l’Etat nous semble paradoxal.

Par contre, la région a mis en place les librairies de l’Atlantique (c’est une association sous l’égide de la région Aquitaine) qui fait la promotion globale des libraires adhérents. Nous sommes adhérents des librairies de l’Atlantique. Grâce au moteur de recherche, on peut accéder au stock des librairies adhérentes. Il est aussi possible de passer une commande, cela permet de contrer les géants tels qu’Amazon, Fnac et de créer un lien privilégié avec son libraire.

Le Festin Nu a une particularité qui fait notre force : sur notre site on fait de la vente en ligne directement. On est obligé d’être présents sur la toile. Nos clients sont militants et considèrent qu’il faut soutenir les libraires indépendants. Nous avons un gros travail de communication et de conseil pour se démarquer de pleins de façons possibles.

Quels conseils pratiques donnerais-tu à ceux qui voudraient ouvrir une librairie ?

Le métier est simple à apprendre. La base c’est la passion. Il faut avoir la vitalité, l’énergie permanente, ne jamais lâcher l’affaire.

Notre but c’est la bibliodiversité où n’importe quel lecteur peut trouver son bonheur. Il faut toucher à tout, être curieux de tout (les nouvelles parutions, l’actualité). Si on a ça et qu’on le fait naturellement, alors il n’y a aucun obstacle entre le libraire et sa futur librairie.

C’est un métier exigent qui demande du contact avec le public sur divers sujets, savoir se créer une clientèle, s’adapter à la demande, se remettre en question. Le métier de libraire ne se résume pas à poser une pile de livres et donner des conseils. C’est pour cela qu’on a souhaité s’agrandir et offrir un lieu de vie (développer l’évènementiel), attirer des publics très divers chez nous et par extension vers l’objet livre.

Quand on a créé la librairie, c’était au moment de la crise, si on avait écouté l’entourage, on ne l’aurait jamais fait (pas rentable, pas d’apport personnel). Si on est investi par sa passion, on a déjà fait la moitié du chemin.

Quels sont tes outils de travail ?

Le logiciel central : ellipses qui permet de gérer les stocks, les nouveautés, les ventes, la facturation. C’est un logiciel fait à Toulouse et destiné aux petites et moyennes structures. On utilise aussi electre qui est un portail de fichiers centralisés pour accéder à toutes les sorties de livres (résumé, distributeur). Il permet de retrouver un titre, savoir à qui on va le commander. Pour le choix des livres, chaque éditeur a un distributeur, mais on a pris le parti de tout commander nous-mêmes. Les choix des commandes sont personnels, libres et motivés. on trouve un équilibre par rapport à l’identité. Ce que la clientèle demande et ce qu’on a envie de proposer.

Sous quel statut exerces tu ton activité ?

SARL – gérant unique et associé.

Pourquoi communiquer sur le WebMag te parait important ? Qu'est ce que cela t'apporte ?

J’aime la démarche de donner un coup de projecteur sur une personne s’investissant dans la société civile. Les gens passionnés, engagés que l’on croise dans leur métier, qui sont une alternative à la grande distribution.

On constate que les gens retournent aux petites structures, ils ont besoin de renouer le contact avec le commerce de proximité. Actuellement il n’y a plus de commerce et les résidents sont heureux de retrouver des commerçants, d’avoir de la dynamique dans le quartier.

Que souhaites-tu dire aux lecteurs du Webmag ?

Qu’il faut croire en sa passion.
Si on a des rêves à un moment de sa vie, il faut tout mettre en oeuvre pour essayer de les aboutir. On est passé par des moments difficiles. Comme on a toujours cru en ce qu’on faisait, cela a été notre plus grande leçon : être persévérant, être intègre dans sa démarche, pas se fourvoyer dans des compromis qui ne nous intéressent pas. On a un lien de confiance envers le client.
Ne lâchez rien. On apprends toujours de ses échecs

 

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