La ruche qui dit Oui à Bayonne

La ruche qui dit Oui à Bayonne

Fanny, Laurent, (et EKO, le nom qui coule de source pour le chat), responsables de la Ruche qui dit Oui à Bayonne, nous accueillent pour nous présenter leur activité.

Pouvez vous vous présenter ?

logo nationalFanny : Bonjour, nous sommes Fanny et Laurent, parents de 3 beaux enfants. Je suis savonnière, responsable de La Ruche de Bayonne, productrice également au sein de la Ruche avec mes savons.

Laurent : Je suis apiculteur. Pas encore producteur de la Ruche, je débute pour le moment en développant les colonies.

La Ruche qui dit Oui, c'est un drôle de nom. En quoi consiste votre activité ?

La Ruche est un réseau qui met en relation des consommateurs avec des producteurs et des artisans locaux. Les abeilles (c’est comme ça qu’on appelle “nos clients”) font leurs courses via le site internet de la Ruche qui dit Oui de Bayonne, et viennent chercher leurs produits locaux, une fois par semaine sur notre point de livraison, où sont regroupés nos producteurs.

En tant que responsable, on peut monter des équipes de producteurs en allant jusqu’à 250 km à la ronde. Pour Bayonne, nous avons essayé de rester le plus possible dans le Pays Basque.

Ce sont vraiment les responsables de Ruche qui déterminent ce qu’ils veulent apporter à leur Ruche, la couleur qu’ils veulent donner, l’orientation.

Nous on s’est plus orienté au début sur des produits bios. On a eu un peu de mal à rester à 100% là dessus, parce que tout simplement, il n’y a pas assez de producteurs bios.

On a formé une équipe de producteurs qui avaient une démarche qui nous plaisait, qui faisaient attention à leurs bêtes, qui élevaient leurs bêtes en plein air … Il fallait qu’il y ait toujours quelque chose qui corresponde à nos propres valeurs.

C’est soit nous qui allons chercher les producteurs, soit eux qui viennent à nous, mais il faut qu’il y ait ce courant qui passe, qu’on ait les mêmes envies, les mêmes valeurs. Il n’y a pas de charte. Les éléments sont dans nos têtes. C’est aussi en allant voir les exploitations que l’on se rend compte.

Ensuite, pour le kilométrage, c’est une charte de la Ruche mère qui dit qu’on peut travailler avec des producteurs dans un rayon de 250 km. Nous avons préféré des producteurs un peu plus proches, mais pour certains on a été obligés de s’éloigner, comme pour les pruneaux d’Agen par exemple. On a essayé de faire au plus proche avec les critères dans cet ordre là : bio, kilomètres et on s’éloigne petit à petit.

Pourquoi avoir créé cette Ruche à Bayonne, au pays basque ?

logo localNous habitons à Magescq, dans les Landes. Mais, il y a déjà une ruche à Magescq. Au début, nous étions consommateurs puis producteur à la Ruche. Petit à petit, le concept nous plaisait tellement qu’on a commencé à réfléchir où monter notre ruche. Pile à ce moment là, Thibaut qui tenait la première ruche de Bayonne, a envoyé un mail pour dire qu’il cherchait un repreneur. Du coup, on s’est dit : “on se lance”. Il y a un projet en cours à Biarritz, et une qui vient de s’ouvrir à Labenne.

Quels conseils pratiques donneriez-vous à celles et ceux qui voudraient se lancer comme vous dans une activité de Ruche comme la vôtre ?

Comme nous avons fait au départ ! Bien déterminer ce que l’on veut pour la Ruche, savoir à qui s’adresser au niveau producteur, et puis être super organisé. Nous avons beaucoup conseillé tout ceux de la côte qui ouvrent en ce moment, Agnès à Labenne, Virgine à Seignosse, Alex à Vieux-Boucau … Ils viennent voir sur place comment se passe une distribution.

Sous quel statut exercez-vous votre activité ?

Fanny : je suis auto-entrepreneur. Il n’y a pas de contrat entre nous et la Ruche Mama. Tout se passe par commissions, factures comme une prestation de services.

Le consommateur paye directement le producteur, et c’est lui qui reverse un pourcentage de ses ventes au responsable de Ruche pour ses prestations d’organisation, de coordination, d’animation du petit marché, et un pourcentage à la Ruche mère pour le site internet, pour tout ce qui est comptabilité, communication nationale … ça se passe comme ça. Nous n’avons rien qui vient de la Ruche mère, c’est le producteur qui dispatche ses commissions, mais ça se fait automatiquement, c’est ça que les producteurs apprécient aussi, c’est qu’ils n’ont rien à faire en terme de compta par exemple.

L’argent des ventes d’un producteur vient directement sur son compte depuis le site internet de la Ruche, commissions déduites. Tout est fait en ligne, il peut s’il le souhaite, imprimer ses factures. Le consommateur aussi.

C'est très simple pour le producteur. C'est eux qui assurent les livraisons une fois par semaine à Bayonne ?

Dans la charte de la Ruche, le producteur est responsable de ses produits, donc il doit répondre de la traçabilité, de la chaîne du froid et être présent … Dans les faits, les producteurs sont sur beaucoup de Ruches, et ils ne peuvent pas être partout physiquement. La plupart du temps, ce qu’ils arrivent à faire, c’est à travailler en binôme, à s’arranger entre eux, pour distribuer les produits du collègue …

distributionNous n’avons plus le temps de le faire pour eux, parce que le nombre de commandes a beaucoup augmenté ces dernières semaines. Et si on fait la distribution, nous ne pouvons plus accueillir correctement les clients, accompagner les premiers arrivants, régler les problèmes, expliquer, appeler ceux qui oublient leur panier… Et nous ne pouvons pas non plus expliquer à leur place comment les producteurs travaillent…

Thibaut travaillait sur un système plus de drive, mais il faisait ça parce qu’il n’avait pas la place de faire autrement avec un local tout petit, et les producteurs ne pouvaient pas rester.

Le concept de la Ruche, c’est “on passe une commande sur le site internet de la Ruche et on vient récupérer les produits directement face au producteur qui peut raconter et parler de son métier”.

distribution

Les producteurs aiment ce contact. Cela demande juste aux abeilles d’être bien vigilantes en vérifiant leur panier avec le bon de commande pour qu’il n’y ait pas d’oubli de produits.

Depuis septembre 2015, date à laquelle vous avez démarré votre activité de la Ruche qui dit Oui, avez-vous une anecdote à nous raconter ?

Nous avons démarré la Ruche de Bayonne sur la péniche sur l’Adour, et une distribution a été un peu mouvementée parce qu’une tempête se passait au même moment sur l’eau, tout le monde est arrivé tout blanc, livide et repartait le plus vite possible. Les gens se tenaient aux tables… On a reçu ensuite des messages des producteurs, “c’était sympa votre truc ;-)”.

A chaque livraison, vous pouvez désormais venir nous découvrir à la Maison de l’Escalade, au Roof. C’est pratique pour les producteurs de pouvoir se garer plus facilement pour décharger.

Pourquoi communiquer sur un WEB MAGAZINE comme Lekuko sur l’économie locale et Durable, vous paraît important ?

Je pense que cela peut nous donner une visibilité parmi tous ces magnifiques projets de petits colibris comme nous. J’aime bien l’idée de ce changement de consommation, de vie, de prendre conscience qu’on est tous ensemble des petits êtres sur une jolie planète qu’il faut préserver. Faire partie d’un projet comme ça avec toutes ces personnes qui ont les mêmes idées, c’est parfait.

Avez vous quelque chose à demander ou à proposer à nos lecteurs ? Ils auront vos coordonnés sur cette page pour entrer en contact directement ?

Qu’ils arrêtent d’aller à Le$lerc… Dans notre partie à nous, l’alimentaire, il y a le choix maintenant, on peut facilement se nourrir, localement, que ça soit par des circuits courts, des Amap, directement chez le producteur, via des Ruches ou sur les marchés. Essayer d’adopter une démarche comme ça, plutôt que d’aller en grande surface.

Ce qui me choque le plus en grande surface, c’est de voir toutes ces bêtes sous emballage plastique après avoir été élevées en batterie, ça me fait vraiment mal au cœur de voir ça.

Venez parler avec les producteurs, découvrir comment se passe une distribution, allez fouiller notre site internet…

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A l’heure actuelle, nous avons 43 producteurs. Nous recherchons activement un arboriculteur, quelqu’un qui puisse nous fournir en fruits. Nous n’avons pas de fruits, et ça c’est un problème pour beaucoup de ruches, sauf dans le Lot et Garonne, mais il y a très peu de ruches là bas.

A part les kiwis bio, on n’a pas trouvé grand chose pour le moment…

{google_map}The Roof – La Maison de l’escalade, 3 place André Emlinger, ZA Le Forum, 64100 Bayonne , France{/google_map}