Terra Arte, l’habitat participatif à Bayonne

Terra Arte, l’habitat participatif à Bayonne

Priscilla et son mari Cyrille, pendant la visite de leur appartement au coeur du projet de l’association Terra Arte, l’habitat participatif dans l’éco quartier du Séqué à Bayonne.

Pouvez vous vous présenter ?

Bonjour, je m’appelle Cyrille. Moi, c’est Priscilla. Nous sommes une petite famille avec 3 enfants. On habite aujourd’hui sur Anglet, et on va bientôt déménager à Bayonne.

Nous venons de faire la visite de votre habitat participatif ? Pouvez-vous nous expliquer la différence entre collectif et participatif ?

Nous allons chacun avoir notre lieu de vie, appartement privatif mais nous partageons des lieux communs, qui sont la buanderie, la terrasse collective, le potager et une salle polyvalente, un atelier de bricolage… Voilà pour les espaces partagés, d’où le participatif.

Vous avez travaillé sur ce projet via une association ?

Nous avons créé l’association Terra Arte, pour donner une existence juridique au groupe, mais le projet a été piloté par le COL et qui l’a mis en place initialement. Nous travaillons sur le projet depuis un peu plus de 3 ans maintenant.

Sur le projet au final, il y a 47 logements, mais nous avons démarré avec une vingtaine de familles, le noyau, et pour la dernière année, les derniers foyers sont arrivés.

Nous venons de faire la dernière visite avec vous. Le déménagement est prévu pour quand ?

A la mi-juin, entre le 13 et le 18 pour la remise des clés, donc, la résidence va se mettre en vie et va fourmiller de ses habitants, de déménagements en cascade qu’il va falloir organiser aussi pour ne pas créer un embouteillage.

Que va devenir l'association Terra Arte ?

C’est une question que l’on se pose. Il y aura une ASL parce qu’on sera propriétaire des espaces communs. Est-ce que l’association devrait continuer pour promouvoir des actions culturelles ou autres… Nous sommes en train de voir.

L’idée c’est que cette maison soit utile pour nous, mais aussi pour le quartier, proposer des activités…

Pouvez-vous nous parler du quartier du Séqué sur lequel est installé votre habitat participatif ?

Nous découvrons encore le quartier. Nous savons que c’était une ferme, il y a bien longtemps. Il y a eu l’existence d’un camping aussi à cet endroit là, quelques années avant. Le quartier grandit. Maintenant, ce qu’il va venir à manquer c’est une vie de quartier.

La Mairie s’est engagée à créer un Maison de Quartier à la place de la ferme, et à terme, des commerces vont nous être indispensables, et il faudrait améliorer la ligne de bus. On a déjà la chance d’être sur le terminus de la Ligne 11, mais son trajet étant un peu long, il serait bon d’accentuer le nombre de navettes pour rendre ce service viable.

La voirie est encore inexistante devant la Résidence, donc ça va vite être un problème. Et puis après, pour la piste cyclable, on espère beaucoup un réaménagement du tronçon de la rue qui descend vers le ruisseau des anges, pour avoir un espace signalé et protégé pour y faire du vélo.

Pouvez vous nous dire ce que vous avez retiré de cette expérience participative jusqu'à maintenant ?

Ce qui est intéressant, c’est que généralement quand on déménage, on ne connaît pas ses voisins, là, on les connaît déjà très très bien, puisqu’on a une vie de groupe assez forte, puisqu’on se réunit à peu près toutes les 3 semaines depuis 3 ans. Autant dire qu’on a pu créer du lien, et donc l’idée, c’est d’être dans l’entraide entre voisins.

On a créé un groupe virtuel sur Pretoo pour se prêter des affaires et des services. On est aussi très motivé pour participer à l’entretien du bâtiment, à la fois les petites casses, changement d’ampoules qui peuvent arriver, mais aussi le soin des espaces verts, pour réduire les coûts et être toujours dans du participatif.

On participe à la vie de notre immeuble, de notre habitation.

Peut-on dire que l'Eco-Quartier du Séqué va prendre une accélération maintenant avec votre impulsion ?

On va bien sûr pousser dans ce sens là. On va vraiment essayer de donner du sens à ce nom, d’éco-quartier. Le groupe s’est redistribué les tâches. Il y a la commission potager-compost, la commission petits bobos-bricolage qui permettra d’assurer l’entretien d’une grande partie des travaux. Le compost, là c’est un travail pour 48 logements assez important, avec des capacités sûrement plus grande qu’à l’habitude, et puis on parle de faire un potager en permaculture. Il y a vraiment des souhaits et des envies de pousser la chose assez loin.

Ok, comment puis-je faire pour venir habiter avec vous ?

Il reste un T2 qui vient de se libérer. 😉

On espère d’autres projets de ce type. Nous allons faire un grande fête d’inauguration et on invitera assez largement le public, les élus et la presse pour essayer de favoriser l’émergence d’autres projets comme celui-là sur le secteur.

C’est quand même du logement social, et donc c’est aussi la particularité. C’est la première fois que cela se fait, parce que généralement ce genre de projet, et d’habitat participatif partagé, est soit réservé à des personnes qui ont des moyens financiers parce qu’il faut payer quelqu’un qui va animer le groupe, qui va conduire le groupe, l’architecte…

Ou c’est des personnes qui sont déjà dans un milieu culturel très ancré dans le partage, et là, non, c’est un projet adressé à des personnes à petits revenus, et qui n’étaient pas des militants ou des gens dans une démarche écologique et sociale très poussée.

Certains oui, mais pas tous, et on a pu faire venir dans ce projet des personnes qui n’étaient pas dans cette démarche au départ.

Avez vous quelque chose à demander ou à proposer à nos lecteurs ? Ils auront vos coordonnés sur cette page pour entrer en contact avec vous directement.

Nous vous encourageons à noter dans vos agendas pour venir à la fête de l’inauguration au mois de Juin.